Hygrothermie
Condensation surfacique et dispositions constructives
🏗️ Application chantier : L'air intérieur d'un logement contient toujours de la vapeur d'eau, produite par la respiration, la cuisine ou les douches. Dès que cette vapeur touche une surface assez froide — une fenêtre, un angle de mur mal isolé — elle se condense. En génie climatique, prévoir ce phénomène n'est pas un détail : c'est ce qui évite les moisissures et la dégradation des parois.
L'air humide se comporte comme une éponge dont la capacité à retenir la vapeur d'eau dépend de sa température : plus l'air est chaud, plus il peut contenir de vapeur avant saturation.
Quand cet air rencontre une surface plus froide, sa capacité locale à retenir la vapeur chute. Si la surface est assez froide, l'air à son contact devient saturé : c'est la condensation. Le rôle du technicien FED est d'anticiper ce risque dès la conception de l'enveloppe et des équipements.
📖 Vocabulaire clé
Humidité relative HR
:
Rapport entre la pression de vapeur d'eau réellement présente dans l'air et la pression de vapeur saturante à cette température : . Exprimée en %.
Pression de vapeur saturante
:
Pression maximale de vapeur d'eau que l'air peut contenir à une température donnée, avant saturation. Elle augmente fortement avec la température : environ Pa à , Pa à , Pa à , Pa à .
Point de rosée
:
Température à laquelle l'air, en refroidissant à pression de vapeur constante, atteint la saturation (). En dessous de cette température, la vapeur excédentaire condense.
Condensation surfacique
:
Se produit quand la température de surface intérieure d'une paroi descend en dessous du point de rosée de l'air ambiant.
Pont thermique
:
Zone d'une paroi où la résistance thermique est localement plus faible (jonction plancher/mur, tableau de fenêtre, linteau) : la surface y est plus froide, donc le risque de condensation y est accru — même quand le reste du mur est correctement isolé.
Dispositions constructives
:
Rupture de pont thermique, isolation continue, pare-vapeur côté chaud de la paroi (pour limiter la migration de vapeur vers les zones froides), ventilation suffisante des pièces humides.
📋 Déterminer si une paroi présente un risque de condensation surfacique
- 1 Température de surface intérieure : à partir de la résistance thermique superficielle intérieure (normalisée à m²·K/W pour une paroi verticale) et de la résistance totale de la paroi, la chute de température est proportionnelle aux résistances : .
- 2 Pression de vapeur intérieure : , avec l'humidité relative de l'air intérieur.
- 3 Point de rosée : on cherche la température telle que . En pratique, on utilise une table (ou un abaque) de , ou l'approximation usuelle de Magnus : (avec en Pa, en °C).
- 4 Conclusion : si , il y a un risque de condensation surfacique ; sinon, la paroi est saine dans ces conditions.
✅ Exemple résolu
Énoncé : Un séjour est chauffé à avec une humidité relative , tandis que l'extérieur est à . Le mur a une résistance thermique totale m²·K/W. Y a-t-il un risque de condensation surfacique ?
Démarche :
- .
- Pa.
- Avec la formule de Magnus : .
Réponse : est bien supérieure à : aucun risque de condensation surfacique dans ces conditions. Mais au droit d'un pont thermique (où serait plus basse), la conclusion pourrait s'inverser.
🌡️ Relations clés
(humidité relative)
(température de surface intérieure)
(formule de Magnus, en °C, en Pa)
Condensation surfacique si
🎨 Illustration
Profil de température à travers une paroi
θᵢ = 20 °C, θₑ = 0 °C, R_total = 2,5 m²·K/W
Le profil de température chute peu au passage des films d'air superficiels (Rsi, Rse), puis fortement à travers l'épaisseur du mur. Le point clé est θsi, comparé à la ligne pointillée du point de rosée θr.
- 1 La chute de température est faible au niveau des films d'air superficiels (entre θi et θsi, puis entre θse et θe) : la vraie résistance thermique se trouve dans l'épaisseur du mur.
- 2 Le point θsi (mis en évidence) est le seul à comparer directement au point de rosée θr : c'est lui qui détermine s'il y a condensation surfacique ou non.
- 3 Sur ce cas, θsi ≈ 19,0 °C reste largement au-dessus de θr ≈ 12,0 °C : le point est situé au-dessus de la ligne pointillée, donc hors risque.
Ce qu'il faut lire : Compare la hauteur du point θsi à la ligne pointillée du point de rosée : au-dessus, pas de condensation ; en dessous (par exemple au droit d'un pont thermique, où θsi chuterait), risque de condensation.
❌ Une erreur, une suggestion
L'erreur fréquente
Beaucoup d'étudiants comparent la température ambiante intérieure au point de rosée, au lieu de la température de surface .
La suggestion
Attention : c'est toujours la température de la paroi elle-même qu'il faut comparer au point de rosée, jamais la température de l'air de la pièce — sinon on conclut à tort qu'il n'y a jamais de risque.
💡 À retenir
- L'humidité relative compare la vapeur réellement présente à la vapeur maximale que l'air peut contenir à cette température.
- La température de surface intérieure dépend du rapport : plus la paroi est mal isolée, plus se rapproche de .
- Condensation surfacique dès que passe sous le point de rosée de l'air ambiant.
- Les ponts thermiques sont les points faibles : leur locale est plus basse que celle du mur courant.
- Dispositions constructives : rupture de pont thermique, isolation continue, pare-vapeur côté chaud, ventilation des pièces humides.
🏗️ Application chantier
Où retrouve-t-on ce principe sur une installation réelle ?
L'air intérieur d'un logement contient toujours de la vapeur d'eau, produite par la respiration, la cuisine ou les douches. Dès que cette vapeur touche une surface assez froide — une fenêtre, un angle de mur mal isolé — elle se condense. En génie climatique, prévoir ce phénomène n'est pas un détail : c'est ce qui évite les moisissures et la dégradation des parois.
Mots-clés associés : Point de roséeHumidité relativeCondensationPression de vapeur saturantePont thermique
L'air intérieur d'un logement contient toujours de la vapeur d'eau, produite par la respiration, la cuisine ou les douches. Dès que cette vapeur touche une surface assez froide — une fenêtre, un angle de mur mal isolé — elle se condense. En génie climatique, prévoir ce phénomène n'est pas un détail : c'est ce qui évite les moisissures et la dégradation des parois.
Mots-clés associés : Point de roséeHumidité relativeCondensationPression de vapeur saturantePont thermique