Dans une classe, 60% des élèves font du sport et 50% jouent d'un instrument. Combien font l'un ou l'autre ?
En additionnant, on trouve 110% — plus que la classe entière. Le calcul est pourtant simple, et le résultat est impossible.
L'erreur n'est pas dans l'addition : elle est dans le fait que certains élèves font les deux, et qu'on les a comptés deux fois. Tant qu'on ne sait pas nommer ni mesurer ce recouvrement, on ne peut pas répondre.
La probabilité mesure la fréquence à long terme d'un événement dans une expérience aléatoire. En 4e, on apprend à combiner des événements : la réunion A∪B (« au moins l'un des deux se réalise ») et l'intersection A∩B (« les deux se réalisent simultanément »).
La formule P(A∪B)=P(A)+P(B)−P(A∩B) évite de compter deux fois les résultats favorables aux deux événements à la fois. Deux événements sont incompatibles si A∩B=∅ : ils ne peuvent jamais se produire ensemble, et la formule se simplifie en P(A∪B)=P(A)+P(B).
Enfin, P(Aˉ)=1−P(A) car A et son contraire couvrent tous les cas possibles. Cette formule est très utile quand le contraire est plus simple à calculer que l'événement lui-même.
En pratique, les probabilités servent en météo (risque de pluie), en médecine (fiabilité d'un test), en ingénierie (risque de panne) et dans bien d'autres domaines.
📖 Vocabulaire clé
Expérience aléatoire:Expérience dont on ne peut pas prévoir le résultat à l'avance. L'ensemble de tous les résultats possibles est l'univers Ω.
Événement:Sous-ensemble de l'univers Ω. Un événement est réalisé si le résultat de l'expérience lui appartient.
Événements incompatibles:Deux événements A et B qui ne peuvent pas se produire simultanément : A∩B=∅.
Événement contraire:Le contraire de A, noté Aˉ, est l'ensemble des résultats qui ne sont pas dans A. P(Aˉ)=1−P(A).
📋 Méthode en 3 étapes
1Définir les événements et l'univers Ω. Exemple : on lance un dé → Ω={1,2,3,4,5,6}. A = « obtenir un pair » = {2,4,6}.
2Calculer P(A), P(B) et si nécessaire P(A∩B). Exemple :P(A)=63=0,5. Si B = « obtenir un 6 », alors P(A∩B)=P({6})=61.
3Appliquer les formules : P(A∪B)=P(A)+P(B)−P(A∩B). Si incompatibles : P(A∩B)=0. Exemple :P(A∪B)=63+61−61=63=0,5.
✅ Exemple résolu
Énoncé : Dans un jeu de 32 cartes, on tire une carte au hasard. A = « obtenir un cœur » (8 cartes) et B = « obtenir un roi » (4 cartes). Quelle est la probabilité d'obtenir un cœur ou un roi ?
Démarche :
P(A)=328=41 et P(B)=324=81.
A∩B = « obtenir le roi de cœur » → P(A∩B)=321.
P(A∪B)=41+81−321=328+4−1=3211≈0,34.
Réponse : La probabilité d'obtenir un cœur ou un roi est 3211≈0,34.
Union et intersection sur l'exemple des cœurs et des rois
Dans un jeu de 32 cartes : A = « obtenir un cœur » (8 cartes), B = « obtenir un roi » (4 cartes). La zone ombrée est l'intersection A∩B = « le roi de cœur », comptée une seule fois dans P(A∪B).
1L'ensemble A = « tirer un cœur » contient 8 cartes sur 32 : P(A)=328=41.
2L'ensemble B = « tirer un roi » contient 4 cartes sur 32 : P(B)=324=81.
3La zone ombrée (l'intersection) est « le roi de cœur », une seule carte : P(A∩B)=321.
4En dehors des deux cercles : 32−11=21 cartes qui ne sont ni un cœur ni un roi.
Ce qu'il faut lire : La zone ombrée n'est comptée qu'une seule fois : P(A∪B)=P(A)+P(B)−P(A∩B)=328+4−1=3211≈0,34.
Diagramme de Venn pour le tirage d'une carte dans un jeu de 32 cartes : A = cœur, B = roi, intersection ombrée = roi de cœur.
La réponse au 110 %
Ceux qui font les deux sont comptés deux fois
En additionnant les deux pourcentages, les élèves qui font du sport et de la musique entrent dans les deux paquets. Ils sont donc comptés deux fois, et c'est exactement l'excédent qu'il faut retrancher.
1La zone commune appartient aux deux disques : elle est donc incluse une fois dans les 60% et une fois dans les 50%.
2D'où la formule : P(A∪B)=P(A)+P(B)−P(A∩B). Le signe moins ne corrige pas une erreur, il enlève un doublon.
3Ici 60+50−10=100 : le compte tombe juste, et plus aucun total impossible.
Ce qu'il faut lire : Pose ton doigt sur la zone du milieu et demande-toi combien de fois tu l'as comptée en additionnant. Deux fois — donc il faut l'enlever une fois.
La zone commune est comptée deux fois dans la somme : on la retranche une fois pour obtenir la réunion.
Deux mots qu'on échange
Incompatibles ne veut pas dire indépendants
Deux événements incompatibles ne peuvent pas se produire ensemble : leurs zones ne se touchent pas. Deux événements indépendants peuvent très bien se produire ensemble ; c'est simplement que l'un ne renseigne pas sur l'autre.
1Incompatibles signifie P(A∩B)=0 : la formule de la réunion se simplifie alors en P(A)+P(B).
2À droite, tirer un cœur et tirer un roi sont compatibles : le roi de cœur réalise les deux à la fois.
3Ne confonds pas avec l'indépendance, qui dit tout autre chose : savoir que A s'est produit ne change pas la probabilité de B.
Ce qu'il faut lire : Demande-toi simplement : « les deux peuvent-ils arriver en même temps ? » Si la réponse est non, les événements sont incompatibles et les disques ne se touchent pas.
Événements incompatibles (aucune zone commune) et événements compatibles (une zone commune).
Le complément
L'événement contraire, c'est tout le reste
L'événement contraire de A occupe tout ce qui n'est pas A dans le rectangle des possibles. Comme les deux se partagent la totalité sans se chevaucher, leurs probabilités s'ajoutent forcément à 1.
1Les deux zones ne se chevauchent jamais et ne laissent aucun trou : c'est ce qui garantit P(A)+P(Aˉ)=1.
2D'où la formule pratique : P(Aˉ)=1−P(A). Ici 1−0,75=0,25.
3Utile quand le contraire est plus simple à compter : « au moins un » se calcule souvent par 1−P(aucun).
Ce qu'il faut lire : Regarde le rectangle entier comme valant 1. Le disque en occupe les trois quarts, il reste donc un quart — sans aucun calcul à poser.
Un événement et son contraire se partagent tout l'univers : leurs probabilités s'ajoutent à 1.
❌ Une erreur, une suggestion
❌ L'erreur fréquente
ne pas oublier de soustraire P(A∩B) dans la formule de l'union !
✅ La suggestion
Si on additionne simplement P(A)+P(B), on compte deux fois les cas où A et B se produisent simultanément.
💡 À retenir
P(A)=nombre de cas possiblesnombre de cas favorables (équiprobabilité).
Union : P(A∪B)=P(A)+P(B)−P(A∩B) — ne pas oublier de soustraire l'intersection.
Si A et B sont incompatibles (A∩B=∅), alors P(A∪B)=P(A)+P(B).
Événement contraire : P(Aˉ)=1−P(A) — utile quand le contraire est plus simple à calculer.
📢 Emplacement publicitaire (exemple) — onglet module — bas de contenu