À une fête foraine, une roue est partagée en huit secteurs identiques, dont un seul fait gagner. Tu joues une fois : ou tu gagnes, ou tu perds. Y a-t-il une chance sur deux ?
Le raisonnement semble solide — deux issues, donc une chance sur deux — et il est pourtant faux. Il suffit de regarder la roue : le secteur gagnant occupe un huitième du tour, pas la moitié.
Compter les issues ne suffit donc jamais. Encore faut-il savoir si elles ont la même chance de se produire, et c'est là que tout se joue.
La probabilité quantifie l'incertitude d'un événement sur une échelle de 0 (impossible) à 1 (certain).
Équiprobabilité : quand tous les résultats ont la même chance, P(A)=cas possiblescas favorables. Attention au raisonnement intuitif : « il y a deux issues (gagner ou perdre), donc P=21 » est faux si les issues ne sont pas équiprobables.
Le sophisme du joueur : après 5 piles de suite à pile-ou-face, la probabilité d'obtenir face reste 21 — la pièce n'a pas de mémoire. Chaque lancer est indépendant.
L'événement contraireAˉ (« A ne se réalise pas ») vérifie P(Aˉ)=1−P(A) — souvent plus simple à calculer que P(A) directement.
📖 Vocabulaire clé
Expérience aléatoire:Expérience dont on ne peut pas prévoir le résultat à l'avance (lancer de dé, tirage au sort, etc.).
Univers (Ω):Ensemble de tous les résultats possibles d'une expérience aléatoire. Ex : pour un dé, Ω={1,2,3,4,5,6}.
Événement:Sous-ensemble de l'univers. Ex : « obtenir un nombre pair » = {2,4,6}.
Événement contraire:Si A est un événement, Aˉ est l'événement « A ne se réalise pas ». P(Aˉ)=1−P(A).
📋 Méthode en 3 étapes
1Décrire l'univers Ω : ensemble de tous les résultats possibles.
2Identifier l'événement A : sous-ensemble des résultats favorables.
3Équiprobabilité : P(A)=nombre de cas possiblesnombre de cas favorables.
✅ Exemple résolu
Énoncé : On tire une carte au hasard dans un jeu de 32 cartes. Quelle est la probabilité d'obtenir un cœur ?
Démarche :
Univers : 32 cartes (équiprobabilité).
Cas favorables : 8 cœurs (il y a 8 cartes par couleur dans un jeu de 32).
P(cœur)=328=41=0,25.
Réponse :P=41=0,25
📐 Formules clés
0≤P(A)≤1
P(Ω)=1 (événement certain)
P(∅)=0 (événement impossible)
P(Aˉ)=1−P(A) (événement contraire)
Équiprobabilité : P(A)=∣Ω∣∣A∣
🎨 Illustrations
Repère visuel
De l'impossible au certain
La probabilité d'un événement est toujours comprise entre 0 et 1. Cette règle graduée reprend les trois repères numériques du cours (0, 0,5, 1) et les complète avec le vocabulaire courant utilisé pour décrire une chance intermédiaire.
1Impossible (P=0) : obtenir 7 avec un dé à 6 faces, comme dans le tableau du cours — cet événement ne se produit jamais.
2Peu probable : les cas favorables sont nettement minoritaires (ex. tirer une bille rouge dans un sac qui en compte 3 sur 10).
3Équiprobable (P=0,5) : pile ou face — les deux issues sont « aussi probables l'une que l'autre », comme l'indique le tableau du cours.
4Probable : les cas favorables sont nettement majoritaires (ex. tirer une bille verte dans ce même sac, qui en compte 5 sur 10).
5Certain (P=1) : obtenir un nombre ≤6 avec un dé à 6 faces, comme dans le tableau du cours — cet événement se produit à chaque lancer.
Ce qu'il faut lire : Les repères « peu probable » et « probable » n'ont pas de seuil chiffré officiel — ce sont des mots du langage courant. Un calcul de P(A) doit toujours donner une fraction ou un nombre exact entre 0 et 1, jamais une simple impression.
Échelle qualitative superposée aux trois repères numériques du cours : 0 (impossible), 0,5 (une chance sur deux), 1 (certain).
Deux issues ne font pas deux chances égales
Gagner ou perdre, mais pas une chance sur deux
À cette roue, il n'y a que deux issues : gagner ou perdre. Beaucoup en concluent une chance sur deux. Il suffit de regarder la roue : le secteur gagnant occupe un huitième du tour, donc P=0,125. Compter les issues ne suffit jamais.
1La roue compte 8 secteurs de même taille : ce sont eux les issues équiprobables, pas « gagner » et « perdre ».
2P(gagner)=81=0,125 et P(perdre)=87=0,875.
3Leur somme vaut 1, comme toujours : il se passe forcément quelque chose. Mais elles ne valent 0,5 chacune que si les deux issues sont réellement également possibles.
Ce qu'il faut lire : Avant de compter les issues, demande-toi si elles sont également possibles. Ici la question à se poser n'est pas « combien de résultats ? » mais « combien de secteurs, et combien me font gagner ? ».
Une roue de 8 secteurs égaux dont un seul gagnant : deux issues possibles, mais P(gagner)=0,125 et non 0,5.
Une probabilité est une part
Pourquoi une probabilité ne dépasse jamais 1
Une probabilité n'est pas un nombre abstrait : c'est la part du tout qu'occupent les cas favorables. Cette lecture explique d'un coup deux règles que l'on retient d'ordinaire séparément : elle est toujours entre 0 et 1, et les probabilités de toutes les issues font exactement 1.
2Les trois parts mises bout à bout remplissent exactement la barre : 0,5+0,3+0,2=1.
3Une probabilité supérieure à 1 serait une part plus grande que le tout : c'est impossible, et c'est le premier contrôle à faire sur un résultat.
Ce qu'il faut lire : Lis chaque portion sur la graduation du bas : tu obtiens directement sa probabilité. Si tes probabilités ne font pas 1 en tout, c'est qu'il manque une issue ou qu'une part a été comptée deux fois.
La barre unité partagée entre trois issues (0,5, 0,3 et 0,2) : les probabilités remplissent exactement le tout.
Le hasard n'a pas de mémoire
Cinq piles de suite ne changent rien au sixième lancer
Après cinq « pile » d'affilée, beaucoup pensent que « face est dû ». La pièce, elle, ne se souvient de rien : au sixième lancer, la probabilité reste 0,5, exactement comme au premier.
1Chaque lancer est indépendant des précédents : la pièce n'a ni mémoire ni compteur.
2Au sixième lancer, P(pile)=P(face)=0,5, comme au premier.
3Ce qui est rare, c'est d'obtenir cinq piles d'affilée — et cette rareté-là se juge avant de lancer, pas une fois les cinq résultats connus.
Ce qu'il faut lire : Regarde la sixième pièce : elle est identique à celles du départ, rien ne la distingue. Le « c'est le tour de face » est une intuition très répandue, mais aucun mécanisme ne la soutient.
Après cinq « pile », le lancer suivant reste équiprobable : P(pile)=P(face)=0,5.
❌ Une erreur, une suggestion
❌ L'erreur fréquente
P(A)=21 ne signifie pas qu'un événement arrive forcément une fois sur deux dans un petit nombre d'essais.
✅ La suggestion
La loi des grands nombres dit que la fréquence tend vers la probabilité quand le nombre d'essais est grand.
💡 À retenir
Une probabilité est toujours entre 0 (impossible) et 1 (certain).
Équiprobabilité : P=cas possiblescas favorables.
Événement contraire : P(Aˉ)=1−P(A).
Les lancers successifs sont indépendants (la pièce n'a pas de mémoire).
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