🔬 Application physique-chimie : Trajectoire parabolique d'un projectile, étude de la chute libre
Tu sais résoudre 3x−12=0 : tu isoles x en passant les termes de l'autre côté, et tu tombes sur une réponse. Une seule.
Essaie maintenant avec x2−6x+5=0.
Tu ne peux rien isoler : dès que tu déplaces un terme, x reste coincé à deux endroits à la fois, une fois au carré et une fois tout seul. Aucune des méthodes que tu connais ne mord sur cette équation.
Un jardinier a pourtant besoin de la résoudre : il dispose de 12 mètres de grillage et veut enclore une parcelle rectangulaire de 5 mètres carrés. Quelle doit être la largeur ?
Et voici ce qui rend cette équation vraiment différente : la réponse n'est pas unique. Deux largeurs conviennent, 1 mètre et 5 mètres, et elles donnent la même parcelle vue de deux façons. Une équation qui admet deux réponses également valables, c'est un objet que le premier degré ne produit jamais.
Tout le chapitre répond à deux questions : combien de solutions une telle équation possède-t-elle, et comment les trouver sans tâtonner.
📖 Vocabulaire clé
Trinôme du second degré:Un trinôme est un polynôme de la forme ax2+bx+c avec a=0. Sa courbe représentative est une parabole.
Discriminant:Le discriminantΔ=b2−4ac détermine le nombre de racines réelles : Δ>0 (deux racines), Δ=0 (racine double), Δ<0 (aucune racine réelle).
Racine:Une racine (ou zéro) de ax2+bx+c est une valeur x0 telle que ax02+bx0+c=0. Graphiquement, c'est un point d'intersection avec l'axe des abscisses.
Sommet de la parabole:Le sommet a pour abscisse xS=−2ab et pour ordonnée f(xS). C'est le maximum si a<0 ou le minimum si a>0.
📋 Résoudre ax2+bx+c=0
1Calculer le discriminantΔ=b2−4ac.
2Si Δ<0 : pas de solution réelle.
3Si Δ=0 : une solution double x0=−2ab.
4Si Δ>0 : deux solutions x1,2=2a−b±Δ.
✅ Exemple résolu
Énoncé : Résoudre 2x2−8x+6=0 et donner la forme factorisée.
Démarche :
On identifie a=2, b=−8, c=6. Calcul du discriminant : Δ=(−8)2−4×2×6=64−48=16.
Δ=16>0 : deux racines distinctes. Δ=4.
x1=48−4=1 et x2=48+4=3.
Réponse : Les solutions sont x1=1 et x2=3. Forme factorisée : 2(x−1)(x−3).
📐 Formules clés
Δ=b2−4ac
x1,2=2a−b±Δ si Δ>0
Forme factorisée : a(x−x1)(x−x2) si Δ>0
🎨 Illustrations
Racines et sommet
Repérer les racines et le sommet sur la parabole
La parabole de g(x)=2x2−8x+6 (l'exemple du cours), calculée point par point entre x=−0,5 et x=4,5, avec ses deux racines x1=1 et x2=3 et son sommet S(2;−2).
1Le discriminant vaut Δ=(−8)2−4×2×6=64−48=16, donc Δ=4 : il y a deux racines distinctes.
2Les racines sont x1=48−4=1 et x2=48+4=3 : ce sont les deux points où la parabole coupe l'axe des abscisses (points pleins sur le graphique).
3Le sommet est en xS=−2ab=48=2, à mi-chemin entre les deux racines (axe de symétrie en tirets). Son ordonnée est g(2)=8−16+6=−2.
4Comme a=2>0, la parabole "sourit" vers le haut : le sommet S(2;−2) est un minimum.
Ce qu'il faut lire : Repère d'abord les deux racines (là où la courbe touche l'axe horizontal), puis le sommet exactement à mi-chemin entre elles : c'est l'axe de symétrie de la parabole.
Parabole de g(x)=2x2−8x+6, exemple du cours, avec racines et sommet vérifiés indépendamment (Δ=16, x1=1, x2=3, S(2;−2)).
Ce que dit le discriminant
Les trois positions de la parabole selon le signe du discriminant
Le discriminant n'est pas une formule à appliquer pour elle-même : c'est un capteur de position. Il dit où se trouve la parabole par rapport à l'axe des abscisses, et donc combien de fois elle le rencontre.
Les trois paraboles ci-dessous ont le même coefficient a=1 et le même sommet d'abscisse 3. Seule leur hauteur change — et c'est exactement ce que Δ mesure.
1Les trois trinômes sont x2−6x+5, x2−6x+9 et x2−6x+13 : même a=1, même b=−6, seul c change.
2Comme Δ=36−4c, augmenter crelève la parabole et fait décroître Δ : Δ=16, puis 0, puis −16.
3Le sommet est chaque fois en xS=−2ab=3, et son ordonnée vaut successivement −4, 0 et +4 : c'est elle qui décide de tout.
4Le signe de Δ et celui de l'ordonnée du sommet sont donc opposés lorsque a>0 : une parabole qui plonge sous l'axe le coupe deux fois, une parabole qui reste au-dessus ne le coupe jamais.
Ce qu'il faut lire : Ne regarde pas d'abord la formule, regarde la ligne horizontale. Pose ton doigt sur le point le plus bas de chaque parabole et demande-toi s'il est sous la ligne, sur la ligne, ou au-dessus. Ces trois réponses sont exactement les trois signes possibles de Δ — et tu viens de lire le discriminant sans rien calculer.
Trois trinômes de même a et de même sommet d'abscisse 3 : Δ=16 (sommet en −4), Δ=0 (sommet sur l'axe), Δ=−16 (sommet en +4).
La solution qu'on oublie
Pourquoi x2=9 a deux solutions et non une
C'est l'erreur que le cours signale comme la plus fréquente du chapitre, et elle ne se corrige pas en répétant la règle : il faut la voir.
Résoudre x2=9, c'est chercher les abscisses où la courbe de y=x2 atteint la hauteur 9. On trace donc cette hauteur, et on compte les rencontres.
1La courbe tracée est celle de y=x2, et la droite horizontale est celle de y=9.
2Elles se rencontrent en deux points, (−3;9) et (3;9) : il y a donc deux valeurs de x dont le carré vaut 9.
3Le calcul le confirme des deux côtés : 32=9 et (−3)2=9, car le carré d'un nombre négatif est positif.
4La touche « racine carrée » de la calculatrice ne rend qu'une seule de ces deux valeurs, la positive. C'est elle, et non la parabole, qui fait oublier l'autre.
5On retrouve ici, sous une autre forme, le schéma des trois positions : la droite y=9 joue le rôle de l'axe, et elle est franchement traversée — donc deux solutions.
Ce qu'il faut lire : Pose ton doigt sur la droite horizontale et fais-le glisser de la gauche vers la droite. Tu croises la courbe une première fois, puis une seconde. Chacune de ces deux rencontres est une solution, et il n'y a aucune raison de n'en retenir qu'une : la parabole est symétrique, donc elle atteint chaque hauteur exactement deux fois.
La droite y=9 coupe la parabole y=x2 en x=−3 et en x=3 : l'équation x2=9 a bien deux solutions.
Où se cache le sommet
Le sommet est toujours à mi-chemin entre les racines
Le sommet n'est pas un quatrième nombre à mémoriser à côté de Δ, x1 et x2 : il se déduit des deux racines, parce que la parabole est symétrique.
Sur f(x)=x2−8x+12, les racines sont 2 et 6, et le sommet tombe exactement entre les deux.
1La fonction est f(x)=x2−8x+12, de discriminant Δ=64−48=16 et de racines x1=2 et x2=6.
2La moyenne des racines vaut 22+6=4, et la formule donne xS=−2ab=28=4 : les deux chemins mènent au même nombre.
3Les deux écarts marqués sur la figure valent exactement 2 chacun : c'est ce que signifie « à mi-chemin ».
4L'ordonnée du sommet se calcule ensuite en une ligne : f(4)=16−32+12=−4.
5Cette symétrie sert aussi de vérification : si le sommet trouvé ne tombe pas entre les deux racines, c'est qu'une des trois valeurs est à revoir.
Ce qu'il faut lire : Repère les deux points où la courbe touche la ligne horizontale, puis place ton doigt exactement au milieu de ces deux points. Descends tout droit : tu tombes sur le point le plus bas de la parabole. Ce n'est pas une coïncidence de cet exemple — la parabole est symétrique par rapport à cette verticale, donc c'est toujours vrai.
Sur f(x)=x2−8x+12, les racines 2 et 6 encadrent le sommet d'abscisse 4, à distance 2 de chacune.
❌ Une erreur, une suggestion
❌ L'erreur fréquente
Attention au signe de a : si a<0 le coefficient de x2 est négatif, ne pas oublier de l'inclure dans Δ.
Autre piège classique : résoudre x2=k et ne donner qu'une seule solution.
✅ La suggestion
Il y en a toujours deux si k>0 : x=k et x=−k.
💡 À retenir
Toujours calculer Δ=b2−4acen premier : c'est lui qui dicte le nombre de solutions.