🔬 Application physique-chimie : Chute libre (fonction carré), lois en 1/x en électricité (fonction inverse), période d'un pendule (fonction racine carrée)
Range ces deux nombres : −5 et −2. Tu réponds sans hésiter que −5 est le plus petit.
Maintenant, range leurs carrés.
Si tu appliques le même ordre, tu annonces que (−5)2 est plus petit que (−2)2. Vérifie : (−5)2=25 et (−2)2=4. C'est l'inverse.
Recommence avec 2 et 5 : cette fois 22=4 et 52=25, l'ordre est conservé. La même opération respecte donc l'ordre sur les nombres positifs et le renverse sur les négatifs.
Jusqu'ici, toutes les fonctions que tu as rencontrées allaient dans un seul sens : une fonction affine monte partout, ou descend partout. La fonction carré, elle, descend puis remonte, et le point de bascule est en 0.
Ce chapitre étudie trois fonctions de ce genre — le carré, l'inverse et la racine carrée —, qu'on appelle fonctions de référence parce qu'on les retrouvera partout jusqu'en terminale.
Tu y rencontreras une surprise encore plus déroutante que celle-ci : la fonction inverse descend sur chacun de ses deux morceaux, et pourtant on ne peut pas dire qu'elle descend partout. Tu verras pourquoi, et ce n'est pas un détail.
📖 Vocabulaire clé
Fonction carré:Fonction f(x)=x2. Définie sur R, paire, minimum en 0. Sa courbe est une parabole tournée vers le haut.
Fonction inverse:Fonction g(x)=x1. Définie sur R∖{0}, impaire, jamais nulle. Sa courbe est une hyperbole.
Fonction racine carrée:Fonction h(x)=x. Définie sur [0;+∞[, toujours croissante, h(0)=0.
Parité:Une fonction est paire si f(−x)=f(x) (symétrie par rapport à l'axe des ordonnées) ; impaire si f(−x)=−f(x) (symétrie par rapport à l'origine).
📋 Caractéristiques des trois fonctions
1Fonction carré f(x)=x2 : domaine R, décroissante sur ]−∞;0], croissante sur [0;+∞[, minimum 0 en x=0. Exemple :f(−3)=9 et f(3)=9 (parité : f(−x)=f(x)).
2Fonction inverse g(x)=x1 : domaine R∖{0}, décroissante sur ]−∞;0[ et sur ]0;+∞[. Exemple :g(2)=0,5 et g(4)=0,25 : quand x augmente, g(x) diminue.
3Racine carrée h(x)=x : domaine [0;+∞[, croissante, h(0)=0. Exemple :9=3, 16=4 : quand x augmente, x augmente aussi.
4Comparer des racines : a>b≥0⇒a>b. Exemple :25>16⇒25=5>16=4.
✅ Exemple résolu
Énoncé : Déterminer le domaine de définition de f(x)=2x−6+x−11.
Démarche :
Pour 2x−6 : il faut 2x−6≥0, soit x≥3. Domaine partiel : [3;+∞[.
Pour x−11 : il faut x−1=0, soit x=1. Domaine partiel : R∖{1}.
Le domaine de f est l'intersection : [3;+∞[∩R∖{1}=[3;+∞[ (car 1∈/[3;+∞[).
Réponse : Le domaine de définition de f est [3;+∞[.
📐 Formules clés
a⋅b=a⋅b (pour a,b≥0)
(a)2=a (pour a≥0)
a2=∣a∣
🎨 Illustrations
Trois fonctions de référence, trois échelles
Comparer carré, inverse et racine carrée
Chaque courbe est calculée point par point à partir de sa définition, avec les valeurs remarquables du cours (f(3)=9, g(2)=0,5, h(9)=3).
1La fonction carré (à gauche) est paire : sa courbe est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées, avec un minimum 0 en x=0.
2La fonction inverse (au centre) est impaire : ses deux branches sont symétriques par rapport à l'origine, et x=0 est exclu du domaine.
3La fonction racine carrée (à droite) n'existe que pour x≥0 et croît sur tout son domaine.
Ce qu'il faut lire : Chaque panneau utilise sa propre échelle : les trois fonctions ont des vitesses de croissance très différentes (le carré explose, l'inverse s'écrase près de 0, la racine ralentit).
Les trois fonctions de référence tracées point par point : carré x2, inverse 1/x et racine x, avec les valeurs remarquables citées dans le cours.
Le point dur du chapitre
Deux branches, donc deux intervalles
On lit souvent que la fonction inverse « est décroissante ». C'est vrai sur chaque branche prise séparément, et faux si on parle de son domaine entier.
Regarde les deux points marqués : −1 est plus petit que 2, et pourtant g(−1)=−1 est plus petit que g(2)=0,5. Entre ces deux points, la fonction a donc augmenté. Impossible de dire qu'elle décroît partout.
La raison tient en un mot : les deux branches ne se rejoignent jamais, car 0 est interdit.
1Sur ]−∞;0[, la fonction inverse est bien décroissante. Sur ]0;+∞[ aussi. Mais un sens de variation ne s'annonce que sur un intervalle, et la réunion des deux n'en est pas un.
2Le contre-exemple suffit à trancher : −1<2 et pourtant g(−1)<g(2), alors qu'une fonction décroissante aurait donné g(−1)>g(2).
3Écris donc toujours le sens de variation branche par branche : décroissante sur ]−∞;0[, décroissante sur ]0;+∞[.
Ce qu'il faut lire : Repère bien que les deux branches n'occupent pas les mêmes régions : celle de gauche est entièrement sous l'axe, celle de droite entièrement au-dessus. Aucun trait ne les relie, et c'est justement ce vide qui interdit de parler du domaine entier d'un seul coup.
Fonction inverse g(x)=x1 dans un repère orthonormé : décroissante sur chaque branche, mais pas sur la réunion des deux.
Ne perds pas la moitié des solutions
Un carré positif vient toujours de deux nombres
Tu cherches les nombres dont le carré vaut 4. Trace l'horizontale y=4 : elle coupe la parabole deux fois, en −2 et en 2.
C'est la conséquence directe de la symétrie de la courbe : deux nombres opposés ont exactement le même carré, donc la même hauteur sur le dessin. Répondre seulement 2, c'est oublier la moitié de la réponse.
1Les deux points marqués sont à la même hauteur : c'est le dessin de l'égalité (−2)2=22=4.
2La courbe est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées, donc toute horizontale au-dessus de l'axe la coupe en deux points symétriques.
3L'horizontale y=0 fait exception : elle ne touche la courbe qu'au sommet. C'est le seul nombre, 0, à n'avoir qu'un antécédent.
Ce qu'il faut lire : Fais glisser l'horizontale vers le haut : les deux points s'écartent, mais ils restent deux. Fais-la glisser sous l'axe : elle ne rencontre plus rien, et c'est normal, aucun carré n'est négatif. Chaque fois que tu résous x2=k avec k positif, attends-toi donc à deux réponses opposées.
Fonction carré : l'horizontale y=4 coupe la parabole en x=−2 et x=2, les deux antécédents de 4.
Avant de calculer, regarde où la courbe existe
À gauche de la borne, il n'y a rien à lire
Soit f(x)=3x−12. Beaucoup calculent f(1) sans hésiter et annoncent −3 ou 3.
Or regarde le dessin : au-dessus de x=1, aucune courbe. Il n'y a pas de valeur à lire, parce qu'il n'y en a pas. f(1) n'existe tout simplement pas.
1La condition d'existence s'écrit 3x−12≥0, c'est-à-dire x≥4. Le domaine de définition est donc [4;+∞[, et la courbe commence exactement à la borne.
2Pour x=1, on aurait 3×1−12=−9. Or aucun nombre élevé au carré ne donne −9 : 32=9 et (−3)2=9 également. La racine d'un nombre négatif n'existe pas — ce n'est pas une interdiction, c'est une impossibilité.
3En seconde, deux situations seulement imposent de chercher un domaine : une racine, dont le contenu doit être positif ou nul, et un dénominateur, qui ne doit pas s'annuler. Deux cas, donc une vérification rapide.
Ce qu'il faut lire : Prends l'habitude d'écrire le domaine avant la première image demandée, même quand l'énoncé ne le réclame pas.
Cela coûte une ligne, et cela t'évite l'erreur la plus coûteuse du chapitre : produire un nombre pour une valeur où la fonction n'existe pas. Le dessin te le rappelle mieux qu'une règle — là où il n'y a pas de trait, il n'y a pas de résultat.
La courbe de f(x)=3x−12 ne commence qu'en x=4 : à gauche de cette borne, la fonction n'est pas définie.
❌ Une erreur, une suggestion
❌ L'erreur fréquente
4+9=4+9 : on ne peut pas séparer une somme sous un radical !
💡 À retenir
Fonction carré : parabole, paire, minimum 0 en x=0, décroissante puis croissante.
Fonction inverse : hyperbole, impaire, décroissante sur chaque intervalle, jamais nulle, interdite en 0.
Fonction racine carrée : définie pour x≥0, toujours croissante.
a⋅b=a⋅b ✓ mais a+b=a+b ✗.
🔬 Application physique-chimie
Où cette notion est-elle utilisée ?
Chute libre (fonction carré), lois en 1/x en électricité (fonction inverse), période d'un pendule (fonction racine carrée)