Arithmétique
PGCD, nombres premiers, décomposition
Deux roues dentées sont engrenées l'une dans l'autre : la petite a dents, la grande en a . Sur chacune, une dent est marquée d'un trait rouge, et au départ les deux traits sont exactement face à face.
Tu fais tourner le mécanisme. Les traits se séparent aussitôt. Question : au bout de combien de dents défilées les deux traits se retrouveront-ils face à face ?
La réponse spontanée est « au bout de », puisque la grande roue est la plus lente. Mais après dents, la petite roue a fait un tour et demi : son trait pointe à l'opposé. Compter, essayer, tâtonner ne mène nulle part — il faut un nombre qui soit à la fois un multiple de et un multiple de . Le premier est : la petite roue fait alors trois tours, la grande en fait deux, et les deux traits se rejoignent.
Ce nombre a un nom : c'est le PPCM de et , le Plus Petit Commun Multiple. Il donne le premier instant où deux cycles se synchronisent — engrenages, feux de circulation, éclipses, rythmes de rotation des planètes.
Son jumeau répond à la question inverse. Tu dois répartir bonbons et caramels en sachets tous identiques, sans rien laisser de côté : combien de sachets au maximum ? Pas , pas — il faut un nombre qui divise les deux, et le plus grand est . Ce est le PGCD, le Plus Grand Commun Diviseur : il donne la part équitable la plus fine possible.
D'où viennent ces nombres ? De la structure profonde des entiers. Tout entier admet une décomposition en facteurs premiers unique, à l'ordre près : c'est le théorème fondamental de l'arithmétique. Cette décomposition est le « code-barres » du nombre — elle révèle d'un coup tous ses diviseurs, son PGCD et son PPCM.
L'algorithme d'Euclide calcule le PGCD en quelques divisions successives, sans décomposer en facteurs premiers — très pratique pour les grands nombres, et vieux de vingt-trois siècles.
Relation clé : — connaître l'un permet de calculer l'autre.
📖 Vocabulaire clé
Nombre premier
:
Entier qui n'a que deux diviseurs distincts : et lui-même.
Exemples : Le nombre n'est pas premier.
Exemples : Le nombre n'est pas premier.
PGCD
:
Plus Grand Commun Diviseur de deux entiers et : c'est le plus grand entier qui divise à la fois et .
Exemple : .
Exemple : .
PPCM
:
Plus Petit Commun Multiple de deux entiers et : c'est le plus petit entier strictement positif qui est multiple de et de simultanément.
Exemple : .
Exemple : .
Algorithme d'Euclide
:
Méthode de calcul du PGCD par divisions euclidiennes successives : , jusqu'à obtenir un reste nul. Le dernier diviseur non nul est le PGCD.
📋 Méthode en 3 étapes
- 1 Étape 1 : Décomposer chaque nombre en produit de facteurs premiers (diviser successivement par , , , , jusqu'à ).
- 2 Étape 2 : PGCD — prendre les facteurs premiers communs avec le plus petit exposant.
- 3 Étape 3 : PPCM — prendre tous les facteurs premiers (communs ou non) avec le plus grand exposant.
✅ Exemple résolu
Énoncé : Trouver le PGCD de et par l'algorithme d'Euclide.
Démarche :
- 1re division : . Le reste est , on continue avec .
- 2e division : . Le reste est , on s'arrête.
- Conclusion : le dernier reste non nul est , donc . Vérification : et ✓
Réponse : .
📐 Formules clés
PGCD × PPCM
Fraction irréductible : diviser numérateur et dénominateur par le PGCD
Algorithme d'Euclide :
🎨 Illustrations
Décomposition en facteurs premiers
Un arbre pour décomposer 180 en facteurs premiers
Chaque nombre composé se sépare en deux facteurs jusqu'à n'obtenir que des nombres premiers, en bout de branche.
- 1 Peu importe la paire de facteurs choisie au départ (ici 4 et 45) : on retombe toujours sur la même décomposition finale. C'est le théorème fondamental de l'arithmétique.
- 2 Les cercles bordés (180, 4, 45, 9) sont des nombres composés : on continue à les décomposer. Les cercles pleins (2, 2, 3, 3, 5) sont des nombres premiers : la branche s'arrête.
- 3 On regroupe ensuite les facteurs identiques avec des exposants : .
Ce qu'il faut lire : Un arbre de décomposition se lit de haut en bas : à chaque nœud composé, on choisit deux facteurs dont le produit redonne le nombre, jusqu'à n'obtenir que des nombres premiers.
Piège
Le PGCD se loge sous les deux nombres, le PPCM au-dessus
Les deux noms se ressemblent, et c'est là tout le problème. Mais leurs places ne se ressemblent pas : un diviseur commun est forcément plus petit que les deux nombres, un multiple commun forcément plus grand. Sur et , le PGCD vaut et le PPCM vaut .
- 1 Un diviseur de ne peut pas dépasser . Donc un diviseur commun à et à est plus petit que les deux, et le PGCD se trouve nécessairement en dessous.
- 2 Un multiple de vaut au moins . Donc un multiple commun est plus grand que les deux, et le PPCM se trouve nécessairement au-dessus.
- 3 Les diviseurs communs de et sont , , et : on prend le plus grand, d'où . Les multiples communs sont , , … : on prend le plus petit, d'où .
- 4 Le mot « grand » dans PGCD et le mot « petit » dans PPCM ne parlent donc pas du résultat final, mais du choix dans la liste. C'est exactement ce qui trompe.
- 5 Le contrôle qui sauve : et . Si ton PGCD multiplié par ton PPCM ne redonne pas le produit des deux nombres de départ, l'un des deux est faux.
Ce qu'il faut lire : Ne retiens pas les deux noms, retiens les deux hauteurs. Ce qui divise est en bas, ce qui est multiple est en haut, et les deux nombres de départ sont toujours entre les deux.
❌ Une erreur, une suggestion
L'erreur fréquente
n'est PAS un nombre premier (il faut exactement deux diviseurs distincts).
La suggestion
Le plus petit nombre premier est . Et est le seul nombre premier pair.
💡 À retenir
- Théorème fondamental : tout entier se décompose de manière unique en produit de nombres premiers.
- Relation PGCD-PPCM : . Connaître l'un permet de calculer l'autre.
- n'est pas premier : un nombre premier a exactement deux diviseurs distincts. n'en a qu'un.
- Algorithme d'Euclide : méthode rapide pour calculer le PGCD sans décomposer en facteurs premiers — idéal pour les grands nombres.