Plans de coupe, sections parallèles et perpendiculaires
Prends un saucisson et un couteau. Coupe-le droit, perpendiculairement à sa longueur : tu obtiens une rondelle, un disque. Maintenant coupe-le dans l'autre sens, tout du long : tu obtiens une bande allongée, un rectangle.
Même saucisson, même couteau, deux formes qui n'ont rien à voir. Et si tu coupes de biais, tu obtiens encore autre chose : une forme ovale, étirée.
Voilà la question du chapitre : qu'est-ce qui a changé ? Pas le solide — il est resté le même. Ce qui a changé, c'est l'orientation du plan de coupe. La forme que tu vois n'appartient donc pas au solide seul, elle appartient au couple « solide + plan ».
C'est un point qui résiste, parce qu'on est tenté de croire qu'on « aplatit » le solide ou qu'on rabat une de ses faces. Il n'en est rien : la section est une figure nouvelle, qui vit dans le plan de coupe et nulle part ailleurs.
Un scanner médical fait exactement ce travail, des centaines de fois par examen : il produit des sections du corps, coupe après coupe, et un ordinateur reconstruit ensuite le volume à partir d'elles. Sans la géométrie des sections, aucune image médicale en trois dimensions n'existerait.
Deux régularités vont te servir tout au long du chapitre. Une section parallèle à une base conserve la forme de cette base, en plus petit : c'est le théorème de Thalès, transporté dans l'espace. Et une coupe oblique d'un cylindre donne une ellipse, jamais un cercle ni un rectangle.
Pour les pyramides et les cônes, le rapport de similitude entre la section et la base est le rapport des hauteurs.
📖 Vocabulaire clé
Section:Figure plane obtenue en coupant un solide par un plan. Sa forme dépend du type de solide et de l'orientation du plan de coupe.
Plan de coupe:Le plan qui intersecte le solide. Il peut être parallèle à la base, perpendiculaire à l'axe ou oblique — chaque orientation produit une section différente.
Similitude dans l'espace:Quand un plan coupe une pyramide ou un cône parallèlement à la base, la section est une figure semblable à la base (mêmes angles, proportions conservées).
Rapport de réduction:Le quotient k=hh′ entre la distance du sommet au plan de coupe (h′) et la hauteur totale (h). Les dimensions de la section sont multipliées par k.
📋 Méthode selon le type de solide
1Pavé droit : section parallèle à une face → rectangle (ou carré). Section oblique → parallélogramme.
2Cylindre : section parallèle aux bases → disque (même rayon). Section par un plan contenant l'axe → rectangle. Section oblique → ellipse.
3Cône : section parallèle à la base → disque (rayon réduit, rapport =h′/h). Section par un plan passant par le sommet et l'axe → triangle isocèle.
4Pyramide : section parallèle à la base → figure semblable à la base. Rapport de similitude =k=h′/h (Thalès dans l'espace).
✅ Exemple résolu
Énoncé : Une pyramide à base carrée de côté 8 cm et de hauteur 12 cm est coupée par un plan parallèle à la base, situé à 4 cm du sommet. Déterminer le côté et l'aire de la section.
Démarche :
Rapport de réduction : k=hh′=124=31.
Côté de la section : c′=8×31=38≈2,67 cm. La section est un carré semblable à la base.
Aire de la section : A=c′2=(38)2=964≈7,11 cm². On vérifie : AbaseAsection=647,11≈91=k2 ✓.
Réponse : La section est un carré de côté 38≈2,67 cm et d'aire ≈7,11 cm².
📐 Formules clés
Section parallèle à la base d'un cône ou pyramide : rapport de similitude =hh′
Côté de la section : c′=c×hh′ (homothétie)
🎨 Illustrations
Thalès dans l'espace
Section d'une pyramide par un plan parallèle à la base
Pyramide à base carrée de côté 8 cm et de hauteur 12 cm, coupée à 4 cm du sommet — reprise exacte de l'exemple du cours.
1Le plan de coupe est parallèle à la base, à h′=4 cm du sommet S (hauteur totale h=12 cm) : le rapport de réduction est k=hh′=124=31.
2La base est un carré de côté 8 cm ; la section, semblable à la base (Thalès dans l'espace), a pour côté c′=8×31=38≈2,67 cm.
3Les aires suivent le carré du rapport : AbaseAsection=k2=91, soit 647,11≈0,11 — cohérent avec l'exemple du cours.
4La vue de profil (à droite) est la coupe passant par le sommet et les milieux de deux côtés opposés de la base : on y retrouve la configuration de Thalès en 2D, avec le petit triangle (section) semblable au grand triangle (base).
Ce qu'il faut lire : Repère d'abord le sommet S et l'axe pointillé sommet-base : la section (à gauche) est la figure semblable à la base, réduite selon le même rapport k que sur la vue de profil (à droite).
Pyramide à base carrée (côté 8 cm, hauteur 12 cm) coupée à 4 cm du sommet, parallèlement à la base — exemple du cours, avec vérification du rapport k=1/3 sur les longueurs et k2=1/9 sur les aires.
Piège
Une section est la trace du couteau, pas une face rabattue
Le même pavé, deux fois. À gauche, ce que l'élève dessine souvent : il rabat une face du solide, ou il en trace l'ombre. À droite, la vraie section : le plan traverse le pavé de part en part, et la figure obtenue est un parallélogramme penché qui n'est aucune des six faces.
1À gauche, le rectangle mis en valeur existait déjà : c'est une face du pavé. Aucun couteau n'est passé, donc ce n'est pas une section.
2À droite, le plan entre par une arête verticale et ressort par l'autre, à une hauteur différente. C'est ce décalage qui penche la figure.
3Le parallélogramme obtenu ne coïncide avec aucune des six faces : on ne peut donc pas l'obtenir en rabattant quoi que ce soit.
4Le test qui tranche : une section n'apparaît que si le plan traverse l'intérieur du solide. Si ton dessin longe une face sans entrer dedans, tu as dessiné la face, pas la coupe.
Ce qu'il faut lire : Pose ton doigt sur le point marqué à gauche du pavé de droite, puis suis le bord épais : tu passes à l'intérieur du solide avant de ressortir plus bas de l'autre côté. C'est ce trajet-là qui est la section.
Le même pavé : à gauche une face mise en valeur, à droite la vraie section par un plan oblique, un parallélogramme qui n'est aucune des faces.
Piège
Le cylindre ne rétrécit pas, le cône si
Même rayon de base, même hauteur, même hauteur de coupe : et pourtant les deux disques obtenus n'ont rien à voir. Le cylindre donne un disque de rayon identique à sa base, le cône un disque réduit de moitié. La différence ne vient pas de la coupe, elle vient du solide.
1Le cylindre a des côtés verticaux : à n'importe quelle hauteur, le disque obtenu garde le rayon de la base. Couper un cylindre parallèlement aux bases ne réduit rien.
2Le cône a des arêtes qui convergent vers le sommet : plus on coupe haut, plus le disque est petit. Ici la coupe est à mi-hauteur, donc le rayon est divisé par 2.
3Le rapport de réduction vaut k=hh′ pour le cône, et k=1 pour le cylindre à toute hauteur.
4Le réflexe utile : avant de réduire quoi que ce soit, regarde si les côtés du solide sont parallèles ou s'ils se rejoignent. Ce sont eux qui décident, pas le plan de coupe.
Ce qu'il faut lire : Suis la ligne de coupe horizontale d'un solide à l'autre : elle est à la même hauteur des deux côtés. Compare ensuite la largeur des deux disques colorés, puis celle des deux bases.
Un cylindre et un cône de même base et de même hauteur, coupés à la même hauteur : disque de même rayon à gauche, disque de rayon moitié à droite.
Longueurs et aires
Les longueurs sont divisées par deux, mais l'aire par quatre
Une pyramide de base carrée coupée à mi-hauteur : k=21. Le côté de la section passe bien de 8 cm à 4 cm. Mais le carré de la base se pave exactement par quatre copies de la section, et pas par deux : les aires suivent k2.
1La coupe est à mi-hauteur, donc k=hh′=21 : le côté passe de 8 cm à 8×21=4 cm.
2L'aire, elle, passe de 82=64 cm² à 42=16 cm². Le rapport vaut 6416=41=k2, pas k.
3Le grand carré contient quatre cases de la taille de la section : on peut les compter, il n'y a rien à croire sur parole.
4Avec k=31, le pavage compterait 9 cases ; avec k=41, il en compterait 16. Le nombre de cases vaut toujours k21.
5Le réflexe utile : dès qu'un énoncé parle d'aire, de surface ou de peinture, le facteur est k2. Pour un volume, ce serait k3.
Ce qu'il faut lire : Compte les cases du grand carré à droite : il y en a quatre, et la case colorée en haut à gauche a exactement la taille de la section. Reviens ensuite au profil de gauche pour voir que la coupe est bien à mi-hauteur.
Pyramide coupée à mi-hauteur : le côté est divisé par deux, mais la base se pave par quatre copies de la section.
❌ Une erreur, une suggestion
❌ L'erreur fréquente
la section d'un cylindre PAR un plan oblique (ni perpendiculaire ni contenant l'axe) est une ELLIPSE, pas un rectangle ni un cercle.
✅ La suggestion
Souvent négligé mais important !
💡 À retenir
Une coupe parallèle à la base donne toujours une figure semblable à la base (même forme, dimensions réduites).
Le rapport de réduction est k=hh′ — les longueurs sont multipliées par k, les aires par k2.
Une coupe oblique d'un cylindre ou d'un cône produit une ellipse, pas un cercle.
Pour calculer une section : identifier le solide, le type de coupe, appliquer le rapport de similitude si parallèle.
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