En BTS, on manipule des grandeurs qui s'étendent sur des dizaines d'ordres de grandeur : de la résistivité du cuivre (1,7×10−8 Ω·m) à la fréquence d'un réseau électrique (50 Hz) en passant par la puissance d'une centrale (1 GW = 109 W).
La notation scientifique permet d'écrire tout nombre sous la forme a×10n avec 1≤∣a∣<10. Les préfixes SI sont des abréviations standardisées de puissances de 10 que l'on place avant l'unité : kilo (k) = 103, mega (M) = 106, milli (m) = 10−3…
Maîtriser ces notations évite les erreurs d'un facteur 103 ou 106 — des erreurs qui conduisent à des dimensionnements faux en bureau d'études.
📖 Vocabulaire clé
Puissance de 10:10n représente le nombre 1 suivi de n zéros (si n>0) ou 1 précédé de n décimales (si n<0). Exemples : 103=1000, 10−3=0,001, 100=1.
Notation scientifique:Écriture d'un nombre sous la forme a×10n avec 1≤a<10. Exemple : 47500=4,75×104 et 0,000023=2,3×10−5.
Préfixes SI courants:Abréviations normalisées : T (téra, 1012), G (giga, 109), M (méga, 106), k (kilo, 103), — (base), m (milli, 10−3), μ (micro, 10−6), n (nano, 10−9), p (pico, 10−12).
Règles de calcul sur les puissances:10a×10b=10a+b ; 10a/10b=10a−b ; (10a)b=10a⋅b. Exemples : 103×10−5=10−2 ; 106/102=104.
📋 Convertir avec les préfixes SI
1Identifier le préfixe de l'unité donnée et son exposant correspondant. Exemple : 4{,}7 kΩ → le préfixe k correspond à 103.
2Multiplier par la puissance de 10 pour revenir à l'unité de base. 4,7 kΩ =4,7×103 Ω =4700 Ω.
3Effectuer le calcul en unités de base, puis reconvertir si nécessaire. Exemple : courant I=U/R=12/(4,7×103)=2,55×10−3 A =2,55 mA.
✅ Exemple résolu
Énoncé : La résistivité du cuivre est ρ=1,7×10−8 Ω·m. Calculer la résistance d'un câble de cuivre de longueur L=50 m et de section S=2,5 mm² en utilisant R=ρL/S.
Démarche :
Convertir S en m² : S=2,5 mm² =2,5×10−6 m² (car 1 mm² =10−6 m²).
Réponse :R=0,34 Ω. C'est la résistance d'un câble de 50 m de section 2,5 mm² — valeur typique en installation électrique domestique.
📐 Formules clés
10a×10b=10a+b — multiplication : on additionne les exposants
10a/10b=10a−b — division : on soustrait les exposants
(10a)b=10ab — puissance d'une puissance
G = 109, M = 106, k = 103, m = 10−3, μ = 10−6, n = 10−9
🎨 Illustrations
Mécanique de la notation scientifique
Écrire un nombre en a×10n : la virgule se déplace, l'exposant compte les rangs
Passer en notation scientifique n'est pas un tour de magie : on déplace la virgule jusqu'à n'avoir qu'un seul chiffre non nul devant elle, et l'exposant enregistre simplement combien de rangs elle a franchis, et dans quel sens.
1La règle de signe en une phrase : si la virgule recule (nombre grand), l'exposant est positif ; si elle avance (nombre petit), l'exposant est négatif.
2La mantisse est contrainte : en notation scientifique stricte, 1≤∣a∣<10. Écrire 47,5×103 n'est pas faux numériquement, mais ce n'est pas de la notation scientifique — la calculatrice, elle, affichera 4,75×104.
3Le contrôle immédiat : recompte les rangs dans l'autre sens. 4,75×104 : je décale la virgule de 4 rangs vers la droite → 47500 ✓. Ce contrôle prend deux secondes et attrape toutes les erreurs d'exposant.
4Les chiffres significatifs se conservent :47500 s'écrit 4,75×104 — les zéros de position disparaissent, mais aucun chiffre significatif n'est perdu ni inventé.
Ce qu'il faut lire : La notation scientifique n'existe pas pour faire savant : elle rend comparables des grandeurs séparées par plusieurs décades, et elle rend les calculs de tête possibles (on additionne les exposants au lieu de compter les zéros).
Mécanique du passage en notation scientifique : sens de déplacement de la virgule et signe de l'exposant, sur un grand puis un petit nombre.
Les trois règles de calcul
Multiplier, diviser, élever : ce que deviennent les exposants
Toute la puissance de cette notation tient en trois règles. Chacune transforme une opération lourde sur les nombres en une opération simple sur les exposants.
1Multiplier = additionner les exposants. C'est ce qui permet de calculer 2,3×102×1,5×101 de tête : 2,3×1,5=3,45 et 2+1=3.
2Diviser = soustraire les exposants. Attention aux exposants négatifs : 102÷10−2=102−(−2)=104. Diviser par un petit nombre donne un grand résultat.
3Élever = multiplier les exposants. C'est la règle la plus mal appliquée : 1mm2 ne vaut pas 10−3m2 mais 10−6m2, parce que le préfixe est élevé au carré lui aussi.
4Le contrôle d'ordre de grandeur : avant de valider un résultat, calcule mentalement uniquement les exposants. Si tu trouves 10−6 là où tu attendais des kilowatts, l'erreur est repérée avant d'avoir posé le moindre chiffre.
Ce qu'il faut lire : Ces trois règles remplacent le comptage de zéros — qui est la première source d'erreur en BTS. Sépare toujours mantisses et exposants : tu fais un petit calcul sur les uns, une addition sur les autres.
Les trois règles de calcul sur les puissances de 10, chacune illustrée par un calcul technique réel (puissance, résistance, section de câble).
Ordres de grandeur en électrotechnique
Situer une valeur sur l'échelle des préfixes
Chaque repère est un préfixe SI cité dans le cours (de pico à téra), avec les exemples numériques réellement utilisés : résistivité du cuivre, capacités, courant, résistances et puissances.
1Le nanofarad (nF) illustre le préfixe nano (10−9) : 10 nF, valeur typique en électronique.
2La résistivité du cuivreρ=1,7×10−8 Ω·m (donnée de l'exemple du cours) se situe entre nano et micro.
3Le microfarad (μF) illustre le préfixe micro (10−6) : 100 μF, valeur typique d'un condensateur de filtrage.
4Le préfixe milli (10−3) regroupe deux exemples du cours : un courant I=50 mA et une longueur 0,5 mm.
5Le préfixe kilo (103) regroupe 4,7 kΩ (résistance) et 10 kW (puissance), cités dans le cours.
6Le mégohm (MΩ) illustre le préfixe méga (106), utilisé pour une résistance d'isolement.
7Le gigawatt (GW) illustre le préfixe giga (109), échelle d'une centrale électrique.
Ce qu'il faut lire : Chaque graduation multiplie par 1000 (103) : c'est l'écart entre deux préfixes SI consécutifs (pico → nano → micro → milli → base → kilo → méga → giga → téra). Les préfixes pico et téra bornent l'axe pour situer les sept exemples numériques réellement traités dans ce cours.
Échelle logarithmique de 10−12 à 1012 avec les préfixes SI et les exemples numériques du cours (résistivité, capacités, courant, résistances, puissances).
❌ Une erreur, une suggestion
❌ L'erreur fréquente
Attention à la conversion des unités de surface et de volume : 1 mm² =10−6 m² (pas 10−3 m²).
✅ La suggestion
Et 1 cm³ =10−6 m³. Penser à "convertir l'unité puis l'exposer à la bonne puissance".
💡 À retenir
Avant tout calcul, convertir toutes les grandeurs en unités de base SI (m, kg, s, A, K…).
Multiplication des puissances de 10 : additionner les exposants. Division : soustraire.
1 mm² ≠ 1 mm × 1 mm = 10−3 m × 10−3 m = 10−6 m² (les unités de surface et volume se convertissent au carré ou au cube).
Un ordre de grandeur est une puissance de 10 : une erreur d'un facteur 1000 (k oublié) est fréquente et catastrophique en dimensionnement.
🔬 Application physique-chimie
Où cette notion est-elle utilisée ?
Résistivité, capacité, fréquence, pression, énergie