🔬 Application physique-chimie : En mécanique, électromagnétisme et thermique, les grandeurs physiques ont une direction et un sens : force, vitesse, champ électrique, déplacement. Le calcul vectoriel est l'outil qui permet de combiner ces grandeurs rigoureusement.
Un vecteur est une grandeur définie par trois informations : sa direction, son sens et sa valeur (ou norme). En BTS technique, on travaille principalement en 2D (plan) et parfois en 3D.
Exemples concrets : la force exercée par un câble de levage, la vitesse d'un fluide dans une canalisation, le champ électrique créé par un conducteur, la poussée d'Archimède sur un sous-marin.
📖 Vocabulaire clé
Représentation d'un vecteur:Un vecteur u dans le plan est défini par ses composantes dans un repère orthonormé (O,x,y) :
u=(uxuy)=uxx+uyy
La norme (ou module) du vecteur est sa longueur : ∥u∥=ux2+uy2
L'angle par rapport à l'axe horizontal : θ=arctan(uxuy)
Opérations sur les vecteurs:Addition (résultante) : u+v=(ux+vxuy+vy)
Multiplication par un scalaire : ku=(kuxkuy)
Vecteur opposé :−u=(−ux−uy)
Produit scalaire:Le produit scalaire de deux vecteurs u et v est un nombre (pas un vecteur) :
u⋅v=uxvx+uyvy=∥u∥×∥v∥×cosθ
où θ est l'angle entre les deux vecteurs.
Propriétés utiles :
• Si u⋅v=0 → les vecteurs sont perpendiculaires
• Si u⋅v=∥u∥×∥v∥ → ils sont colinéaires et de même sens
📋 Méthode de calcul vectoriel appliqué
1Décomposer une force en composantes : une force d'intensité F faisant un angle θ avec l'horizontale se décompose en composante horizontale Fx=Fcosθ et composante verticale Fy=Fsinθ.
2Calculer la résultante de plusieurs forces : (1) Décomposer chaque force en composantes (Fx,i,Fy,i) (2) Additionner : Rx=∑Fx,i, Ry=∑Fy,i (3) Calculer la norme : R=Rx2+Ry2 (4) Calculer l'orientation : α=arctan(Ry/Rx)
3Travail d'une force (produit scalaire appliqué) : le travail de F lors du déplacement d est : W=F⋅d=F×d×cosθ où θ est l'angle entre la force et la direction du déplacement.
✅ Exemple résolu
Énoncé : Trois applications du calcul vectoriel dans les filières BTS techniques.
Démarche :
Exemple 1 — Mécanique : résultante de deux câbles
Deux câbles soutiennent une charge. Câble 1 : F1=800N à 60° de l'horizontal. Câble 2 : F2=600N à 120° de l'horizontal.
Exemple 3 — Mécanique des fluides : poussée d'Archimède
Un réservoir est immergé. La poussée d'Archimède Π est verticale vers le haut. Le poids P est vertical vers le bas. Ces deux vecteurs sont colinéaires et opposés.
Π⋅P=Π×P×cos(180°)=−Π×P Si Π>P, le flotteur monte ; si Π<P, il coule.
Réponse : Le calcul vectoriel transforme tout problème de forces orientées en additions algébriques de composantes. La clé : décomposer, additionner composante par composante, puis reconstruire norme et angle.
📐 Formules clés
Norme : ∥u∥=ux2+uy2
Addition : u+v=(ux+vx,uy+vy)
Produit scalaire (composantes) : u⋅v=uxvx+uyvy
Produit scalaire (géométrique) : u⋅v=∥u∥∥v∥cosθ
Angle entre deux vecteurs : cosθ=∥u∥∥v∥u⋅v
Décomposition d'une force : Fx=Fcosθ,Fy=Fsinθ
Travail d'une force : W=F⋅d=Fdcosθ(J)
🎨 Illustrations
Décomposition d'un vecteur force
Comment décomposer une force selon ses deux axes ?
Un vecteur force F se décompose en une composante horizontaleFx et une composante verticaleFy, à l'aide de l'angle θ qu'il forme avec l'axe horizontal : Fx=Fcosθ et Fy=Fsinθ.
Reprend exactement le câble 1 de l'exemple 1 du cours : F1=800 N à θ=60° de l'horizontale.
1La composante horizontale se lit en projetant l'extrémité du vecteur sur l'axe des x : Fx=Fcosθ=800×cos60°=400 N.
2La composante verticale se lit en projetant l'extrémité du vecteur sur l'axe des y : Fy=Fsinθ=800×sin60°≈692,8 N, arrondi à 693 N.
3On retrouve la norme du vecteur avec le théorème de Pythagore : F=Fx2+Fy2=4002+692,82≈800 N — cohérent avec la valeur de départ.
Ce qu'il faut lire : Le vecteur F est la diagonale du rectangle formé par ses deux projections : Fx sur l'axe horizontal et Fy sur l'axe vertical. L'angle θ se lit entre le vecteur et l'axe horizontal.
Décomposition du vecteur force F1=800 N à θ=60° (câble 1 de l'exemple 1 du cours) en ses composantes Fx=400 N et Fy≈693 N.
Somme de deux forces
Deux méthodes, une seule résultante
Additionner deux vecteurs se fait de deux façons équivalentes : la règle du parallélogramme (les deux forces partent du même point) et la mise bout à bout (relation de Chasles). Les deux donnent exactement le même vecteur résultant.
1Le calcul est indépendant du dessin : quelle que soit la méthode graphique, on additionne composante par composante. C'est toujours la voie la plus sûre en examen.
2La norme ne s'additionne PAS :∥R∥=∥F1∥+∥F2∥, sauf si les deux vecteurs sont colinéaires et de même sens. Deux forces de 100 N à 90° donnent ∥R∥=1002≈141 N, pas 200 N.
3Puis on revient aux polaires :∥R∥=Rx2+Ry2 et θ=arctan(RxRy) — c'est le chemin inverse de la décomposition du schéma précédent.
Ce qu'il faut lire : Le parallélogramme sert à comprendre et à vérifier l'ordre de grandeur ; le calcul en composantes sert à répondre. Fais toujours les deux : le dessin détecte les erreurs de signe que le calcul laisse passer.
Les deux constructions graphiques de la somme vectorielle, et la règle de calcul en composantes qu'elles traduisent.
Statique — condition d'équilibre
Trois forces en équilibre : le triangle se referme
Un solide est en équilibre quand ∑F=0. Graphiquement, cela a une signature imparable : mises bout à bout, les forces forment un polygone fermé — on revient exactement au point de départ.
1Deux équations, pas une : l'équilibre impose ∑Fx=0et∑Fy=0. Deux équations permettent de trouver deux inconnues — typiquement les deux tensions de câbles.
2Le poids est toujours vertical vers le bas :P=(0;−mg). C'est la seule force dont on connaît la direction sans réfléchir, et donc le meilleur point de départ.
3Contrôle graphique gratuit : si ton triangle ne se referme pas quand tu reportes tes résultats à l'échelle, tu as une erreur de signe ou d'angle. Ce test attrape la majorité des fautes de statique.
Ce qu'il faut lire : Le triangle fermé n'est pas une figure décorative : c'est la traduction graphique exacte de ∑F=0. Un polygone ouvert signifie qu'il reste une résultante, donc que le solide accélère.
Équilibre d'une charge suspendue à deux câbles, et le triangle des forces fermé qui traduit ∑F=0.
❌ Une erreur, une suggestion
❌ L'erreur fréquente
Pièges fréquents
• Additionner des normes : ∥F1+F2∥=∥F1∥+∥F2∥ en général.
✅ La suggestion
On additionne les composantes, pas les normes.
• Signe des composantes : attention au quadrant. Un vecteur orienté à 150° de l'horizontal a Fx=Fcos(150°)<0.
• Produit scalaire ≠ produit de normes : u⋅v=∥u∥∥v∥cosθ, pas ∥u∥∥v∥.
• Unités : le produit scalaire de deux forces (N·N) n'est pas une force. Le travail (N·m = J) est bien un scalaire avec une unité.
💡 À retenir
Un vecteur a une direction, un sens et une norme
Norme : ∥u∥=ux2+uy2
Addition composante par composante
Produit scalaire : u⋅v=uxvx+uyvy=∥u∥∥v∥cosθ
u⊥v ↔ u⋅v=0
Décomposition d'une force en Fcosθ et Fsinθ
🔬 Application physique-chimie
Où cette notion est-elle utilisée ?
En mécanique, électromagnétisme et thermique, les grandeurs physiques ont une direction et un sens : force, vitesse, champ électrique, déplacement. Le calcul vectoriel est l'outil qui permet de combiner ces grandeurs rigoureusement.
Mots-clés associés :vecteurnormeproduit scalairecomposantesrésultanteforceprojectionangle entre vecteurs
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